Ça faisait vraiment longtemps (lire : trois semaines) que je ne m’étais pas lancé dans un plan de marde. Avec toutes les courses annulées, les trails encore fermées et l’impossibilité de courir en gang, je me suis dit que ce serait une bonne idée de me clancher un 50 km sur route. Question de me changer les idées et de me tester en même temps, tant physiquement que mentalement. Après une vingtaine de kilomètres, j’ai réalisé que ce n’était pas l’idée du siècle. Pour tout dire, je m’emmerdais royalement.

J’étais sur des chemins vallonnés au départ. Pas de la trail, mais quand même divertissant. Puis les vallons ont fait place au plat. Le mot le dit : le plat, c’est plate. Plate plate plate. Boring!

J’envie les gens qui trippent à courir longtemps sur la route, à maintenir le même rythme, kilomètre après kilomètre. Mais personnellement, la route, je n’aime pas ça pantoute. C’est un mal nécessaire quand je n’ai pas accès aux sentiers. That’s it.

Ça m’a pris mon plan de marde de ce matin pour me le rappeler.

Rendu à 25 km, à mettre juste un pied devant l’autre et à regarder à l’infini devant moi à la recherche d’une motivation quelconque, j’ai réalisé que je n’avais aucun plaisir.

Mon cerveau a alors décroché d’un coup. Clac. Et je me suis mis à marcher. Quelques mètres seulement. Puis go, envoye cours, parce que ça va passer plus vite, pas vrai? Mais après un kilomètre ou deux, le cerveau a encore dit no fucking way. Je cours pourquoi déjà? Ah oui, c’est vrai, pour le fun. Et pour vivre des aventures en pleine nature. Et pour voir des paysages incroyables au sommet des montagnes. Et… Et… Et…

Et bang! Mes mollets en feu m’ont subitement rappelé que je n’avais aucunement le volume nécessaire pour faire autant de kilomètres d’une traite, sur la route du moins. Ce n’est pas comme si je m’étais préparé à ce 50K pendant des mois… J’avais décidé ça en début de semaine. Bravo champion!

J’ai continué pendant quelques kilomètres. À courir/marcher. À avoir de plus en plus mal aux mollets. À tergiverser à l’idée de raccourcir mon plan de marde. À combattre mon orgueil.

Puis j’ai dit fuck it. Ce serait con de me blesser juste pour pouvoir me péter les bretelles d’avoir fait 50K sur route.

J’ai donc arrêté le compteur à 35. En sachant très bien que j’aurais pu me rendre à 50, en courant/marchant pendant des heures et en n’ayant aucun fun. La vie est trop courte pour se faire chier.

Ai-je besoin de préciser que mon prochain plan de marde aura lieu en trail? À Sherbrooke, elles rouvrent demain. Hell yeah!