Je déteste me sentir obligé d’aller courir. La vie est tellement remplie d’obligations qu’il ne faut surtout pas qu’un loisir devienne un fardeau! Mais à quatre semaines d’une grosse course, je dois me donner les moyens d’apprécier mon expérience le plus possible. Et quand la course en question comprend près de 8000 mètres de dénivelé positif sur seulement 93 kilomètres, mieux vaut avoir un minimum de préparation!

J’avais déjà eu l’idée de génie de m’inscrire à un ultra sous le soleil en plein mois de mars, l’an dernier. Pas facile de s’entraîner en dénivelé l’hiver au Québec, avec la neige, le froid glacial, le vent, les redoux pis la gadoue. Il faut opter pour les pistes de ski alpin, les rues en pente ou les trails… lorsqu’elles sont accessibles.

Contre toute attente, j’avais réussi l’an dernier, tant ma préparation que la course. J’ai donc récidivé cette année, cette fois avec les volcans du Guatemala comme destination.

Je cours sans aucun programme ni structure depuis des mois en prévision de cet ultra qui s’annonce aussi splendide que mémorable. Mais, en fin de semaine, je m’étais exceptionnellement imposé un blitz de dénivelé.

Mon objectif: cumuler entre 3000 et 4000 mètres de D+ en trois jours, question de préparer mes jambes et ma tête à ce qui m’attend sur les rives du magnifique lac Atitlan.

Le problème, avec l’hiver québécois, c’est qu’il est imprévisible, alors que mon emploi du temps, lui, est hyper chargé. Donc pas le choix d’y aller comme prévu, peu importe la météo.

Jeudi soir, après le boulot. Bienvenue au lancement officiel de mon Festival du D+! Cap sur le mont Orford, malgré la pluie torrentielle qui tombait depuis des heures. Le parcours du Trail des neiges (avec un petit extra) s’est transformé en Trail de la slush. J’ai commencé tout seul mes deux montées du mont Giroux. Gen est venue me rejoindre pour la montée finale d’Orford. Après dix minutes, nous nous sommes retrouvés avec de la slush jusqu’aux genoux! Assez pour qu’on vire de bord? Mais non! C’est mal nous connaître! En dépit de la pluie qui s’était transformée en poudrerie intense, des ruisseaux qui s’étaient formés sous la piste de ski (!!!) et d’une visibilité quasi nulle, on a eu un fun fou! Avec 1400 mètres de D+ au compteur.

Le lendemain soir, jour 2 du festival. Encore après le boulot, encore direction Orford, cette fois pour des montées à répétition du mont Giroux par le flanc nord, dans la piste de ski qui monte en fou. Cynthia m’a rejoint après deux montées. On en a enchaîné trois autres, plus un petit bonus. Résultat: 1600 mètres de D+.

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Direction le sommet du mont Giroux, par le flanc nord, juste avant que le soleil se couche.

En deux jours, j’avais atteint l’objectif conservateur que je m’étais fixé… sur trois jours. Cool! Alors pour la troisième et dernière journée, je ne pouvais pas faire autrement que d’atteindre mon objectif idéal de 4000 mètres au total. Un petit 1000 mètres à Sutton pour le jour 3 du festival? Facile!

Samedi avant-midi, j’ai donc enchaîné les montées et les descentes dans la partie la plus escarpée du Dos d’orignal en attendant que Luc et Anne se pointent. On a ensuite enchaîné une grande boucle. Après être passés par le sommet du mont Gagnon dans une trail enneigée qui défonçait de partout, on avait plus que notre voyage! Direction la bière! Avec 1250 mètres de D+ au final.

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Avec Luc et Anne, alors que les raquettes n’étaient pas encore vraiment nécessaires…

Bang! Mon objectif de trois jours était fracassé: 4250 mètres de dénivelé. Mission accomplie! Mais…

Parce que, mes amis le confirmeront, j’ai toujours des idées de m…

4250, c’est presque 5000, non?

Je me suis donc moi-même mis au défi avant que quelqu’un d’autre le fasse à ma place.

Jour 4. Une supplémentaire au Festival du D+. Une petite sortie dans le sentier du Ruisseau-des-Chênes à Orford pour finir ça avec un beau chiffre rond.

Après avoir finalement cumulé mes 750 mètres nécessaires (pas un de plus!), j’ai lâché un gros « yesssss! »

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Ma face après avoir cumulé 5000 m de D+ en quatre jours. 🙂 

J’avais les jambes légèrement fatiguées… mais pas autant que ce à quoi je m’attendais. J’ai réussi à redescendre jusqu’à l’auto à fond la caisse, avec un gros sourire dans le visage et la confiance gonflée à bloc.

Avec le recul, ce qui semblait initialement être une obligation s’est finalement transformée en une très longue partie de plaisir!

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