J’ai déjà 1000 km de course au compteur depuis le début de l’année. Ça m’a amplement donné le temps de faire quelques constats par ci par là.

Le samedi 13 mai, je prendrai part au 50K de Bear Mountain, dans l’État de New York. C’est probablement la première fois que je participe à une course sans aucune fébrilité, du moins au moment d’écrire ces lignes. Je ne regarde pas la météo tous les jours pour savoir le temps qu’il fera. Je n’ai pas encore étudié le parcours, son dénivelé, ses ravitos… J’ai encore l’impression que ça aura lieu dans deux mois, mais non, c’est quasiment demain!

Pourquoi c’est comme ça cette fois-ci? C’est peut-être que j’ai plus confiance en mes moyens. Plus d’expérience en trail. J’ai hâte, oui. Et je sais que j’y arriverai sans problème, à moins que mon estomac ne me joue encore des tours. En fait, je le vois surtout comme la cerise sur le sundae. Un beau party entre amis, à courir pendant six ou sept heures environ. Même pour le temps que ça me prendra, je n’ai encore aucune idée de mon objectif…

Le bonus

Ces derniers mois, je ne me suis jamais dit: faut que j’aille courir pour être prêt pour Bear Mountain. Chaque fois, j’y suis allé pour le simple plaisir de courir. Bon, j’avoue que ce n’était pas toujours le gros fun cet hiver avec des conditions météo parfois merdiques, mais j’y ai toujours trouvé mon compte malgré tout. Au pire, les sorties suivantes me semblaient plus faciles.

Sans m’en rendre compte, les courses auxquelles je participe sont devenues, au fil du temps, un gros bonus. C’est chaque sortie qui me donne le sourire, et non le résultat de la course à laquelle je prendrai part. La trail y est sûrement pour quelque chose. Parce que le chrono importe beaucoup moins en montagne que lors d’une course sur route, où on est plus souvent qu’autrement à la recherche du meilleur temps possible.

La grande forme

J’ai l’impression d’être plus en forme que jamais à ce temps-ci de l’année. La semaine dernière, j’ai réussi à enfiler plus de 100 km en sept jours, ce que je n’avais jamais fait auparavant. Et l’été n’est pas encore commencé!

Mon entraînement y est peut-être pour quelque chose.

La culpabilité

Pendant près de trois mois, j’ai suivi le programme que m’avait monté une amie athlète. J’ai beaucoup appris. Sur différents types d’intervalles. Sur les principes d’entraînement. Mais aussi (surtout) sur moi.

Après trois mois, je me suis rendu compte que je ne suis pas fait pour être suivi chaque semaine par un entraîneur. Ce qui me fait tripper, c’est de pouvoir étirer une sortie parce que je me sens bien ou parce que j’ai plus de temps tel soir de semaine. Courir pour le plaisir, quand ça me tente, et aussi longtemps que ça me tente.

Avec le recul, je me suis aperçu que je me sentais coupable, à tort ou à raison, de ne pas respecter le programme que ma coach avait mis du temps à concevoir.

Culpabiliser parce que je cours plus que prévu? Non merci. J’ai donc laissé tomber ma coach, qui ne m’en a pas voulu pour ça (du moins j’espère!).

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Vestige d’un pic bois, en trail, pas loin du marais Réal-D.-Carbonneau.

Maintenant, j’essaie uniquement d’avoir une progression intelligente dans mon entraînement hebdomadaire. Pas plus de 10 pour cent d’augmentation par semaine, une ou deux séances d’intervalles, une (très) longue sortie la fin de semaine, cinq ou six sorties par semaine au total avec de la trail quand je peux, that’s it.

On verra ce que ça donnera à Bear Mountain. Mais peu importe le résultat, je m’en fous un peu. Parce que le chemin pour m’y rendre aura été splendide!

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