C’est connu, il n’y a que les fous qui ne changent pas d’idée. Je ne suis pas fou (à part de course à pied et de quelques autres choses dont je ne parlerai pas ici). C’est donc dire que je peux changer mes objectifs annuels si ça me chante. Mais quand on est orgueilleux, ça complique un peu les choses. Je le suis, orgueilleux. Un peu. Juste un peu.

En septembre dernier, quelques jours après mon seul 80K à vie à Harricana, je me suis commis. Même si ça n’avait pas si bien été en raison d’interminables maux de ventre, j’ai annoncé que je courrais le 125K cette année. Et je me suis inscris.

Aujourd’hui, je le regrette un peu. Ce n’est pas que la distance m’effraie, au contraire. Je sais que je peux y arriver.

Mon bogue, ce sont mes amis. Ma gang du club de trail. Ceux avec qui je cours chaque semaine. Des chums. Des vrais. Le genre d’amis avec qui tu partages tout. Vraiment tout.

Parce que, quand tu cours pendant des heures et des heures en forêt avec le même monde, tu dis des niaiseries. Beaucoup de niaiseries. Tu jases de rien, mais surtout de tout. Tu t’ouvres. Tu te confies. Tu fais pleinement confiance. Tu grandis grâce à eux. Et tu deviens vulnérable. Tu te montres sous ton vrai jour. Avec tes forces et tes faiblesses. Tu deviens toi.

La plupart de ces amis seront tous sur la ligne de départ du 80K de la Chute du diable, au début septembre. Une semaine seulement avant Harricana.

Impossible de faire les deux. Je dois choisir.

L’orgueil

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Une idée du parcours du 65K d’Harricana, qui constitue la deuxième moitié du 125K.

D’un côté, il y a le 125K d’Harricana et ma tendance à vouloir en faire plus, toujours plus.

La première moitié du parcours, de nuit, me tente beaucoup, avec ses montagnes grandioses à gravir à la frontale.

La deuxième moitié, par contre, ne me tente pas du tout. Parce que c’est sur ces mêmes sentiers que j’ai couru 65 de mes 80 km de l’an dernier. Des sentiers forestiers et de VTT en partie, avec des paysages qui ne m’avaient pas beaucoup impressionné. C’est quand même 65 km qui ne me disent pas grand-chose!

Le plaisir

De l’autre côté, il y a le 80K de la Chute du diable et la possibilité d’y courir avec ma gang. La possibilité de partager avec eux des moments magiques au départ, pendant la course et aussi après celle-ci, comme on le fait chaque semaine. Sur des sentiers single track du début à la fin. En d’autres mots: le bonheur.

Le parcours fait un aller-retour, ce qui ne plaît pas à tout le monde. Personnellement, ça me convient pour l’avoir vécu à l’UTMA l’an dernier.

Le verdict

Alors, je fais quoi, moi, l’orgueilleux qui a déjà annoncé qu’il courrait 125 km cette année?

La balance penche définitivement du côté de la Chute du diable. Faire une autre course de 80K, et bien la réussir cette fois, avant de passer à l’étape suivante en 2018. Solidifier les fondations avant tout. Ne pas perdre de vue que j’ai couru mon premier marathon en septembre 2015. Et que j’ai doublé la distance seulement 12 mois plus tard, en septembre dernier, à ma première année en trail.

Mais surtout, SURTOUT, ne pas perdre de vue que je cours avant tout pour le plaisir et non pour impressionner qui que ce soit.

Ce plaisir, je le trouve où? En courant avec les gens que j’aime. Au diable l’orgueil, ce sera la Chute!

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