Je le répète depuis que j’ai lancé ce blogue sur un coup de tête, il y a sept mois. En course à pied, il ne faut jamais se comparer aux autres. Uniquement à soi-même.

Il y en aura toujours des plus rapides que soi. Des plus endurants. Des plus motivés. Des machines qui peuvent courir des heures et des heures à un rythme d’enfer, en trail, à bouffer du dénivelé avec un constant sourire aux lèvres, sans que la patate n’ait le goût de leur sortir de la poitrine. Ces athlètes ne grimpent pas sur les podiums par hasard. Ils font ce qu’il faut pour se rendre où ils sont. C’est admirable. Et ça ne tombe pas du ciel…

D’un autre côté, vous serez toujours plus rapide que quelqu’un d’autre. Plus endurant. Plus crinqué, peu importe vos capacités physiques. Regarde le freak qui sort courir à la grosse pluie battante! Il faisait pareil cet hiver à moins 25… Je ne sais pas comment il fait! Je ne le dirai pas, mais j’aimerais être assez motivé pour pouvoir faire pareil…

Autant on peut regarder un autre coureur avec envie, autant on fait l’envie d’un autre coureur. C’est comme ça.

Il faut donc être fier du coureur que l’on est. Et se comparer uniquement à soi-même. En regardant, derrière, le chemin parcouru. Et en se fixant des objectifs, devant, tout en se donnant les moyens de les atteindre. Parce que c’est ce qui permet d’avancer, chacun à son rythme.

La roue tourne

Je me permets donc ici de prêcher par l’exemple, en me comparant à moi-même.

Je regarde mes quatre premiers mois de 2016 et je me rends compte que je progresse à un rythme que je n’aurais jamais cru possible, il y a un an à peine.

De janvier à avril, j’ai couru plus de 800 km. J’ai fait la moitié de mon année 2015 en seulement quatre mois. C’est 50 pour cent d’augmentation. Et mon corps ne me dit pas de ralentir la cadence, au contraire. Il en redemande, encore et encore, et je dois me parler pour respecter mon plan d’entraînement, sans quoi je courrais sept jour sur sept… La roue tourne, de plus en plus vite.

Comme je courrai plus souvent qu’autrement en sentier cette année, les mètres grimpés me rendent fier également du chemin parcouru. En quatre mois: 11 500 mètres de dénivelé positif (D+, dans le jargon de la trail). Et 40 pour cent de ce D+ dans les dix derniers jours environ (merci à Lafayette, Sutton et Orford pour leur agréable contribution).

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Sentier escarpé à Sutton. Bon pour le D+!

À mon bilan de tiers de saison, il faut ajouter plus de 800 km de vélo-boulot hivernal. Paraît que ça compte comme entraînement croisé. Malgré cela, je n’ai jamais été capable de remplacer ne serait-ce qu’un kilomètre de course par du vélo. Ça s’y ajoute, plutôt. Au point de me pousser vers le surentraînement? Aucune idée. La question ne se pose plus parce que, récemment, j’ai dû délaisser le vélo-boulot pour me rabattre sur l’auto. C’est moins bon pour ma santé, mais je ne courrai pas moins pour autant au cours des prochains mois!

Transformer l’envie en motivation

C’est extrêmement tentant de se comparer aux coureurs qui nous entourent. Il faut toutefois résister. Et transformer cette envie de comparaison en soif d’apprentissage et de motivation.

Poser des questions. Beaucoup de questions. Enregistrer les réponses. Et les mettre en application.

Se dire: « Pourquoi pas moi aussi? Peut-être pas à la même vitesse, sûrement pas un podium, mais je suis probablement capable aussi de parcourir cette distance un peu folle… »

Encore une fois, je prêche par l’exemple. J’avais prévu courir mon premier ultra cette année. Le 50k de la Chute du Diable, au début septembre. Avec le 22k du Xtrail de Sutton en guise de préparation, à la fin mai. J’ai quelque peu revu mes objectifs à la hausse…

Premier changement: je me suis inscrit au 42k de l’Ultra-trail du mont Albert à la fin juin. Un marathon, mais en trail, donc avec beaucoup de D+. Beau projet!

Deuxième changement: j’ai troqué le 50k de la Chute du Diable pour… le 80k d’Harricana, en septembre également.

Certains trouvent que c’est long, 80 km. Sans préparation, sûrement. Mais bien entraîné? Je suis persuadé que c’est possible. Et j’ai terriblement hâte!

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