12108139_1525301347761736_8439894927171142140_nMes deux dernières années de course à pied m’ont fait progresser lentement, mais sûrement. En distance. En confiance. En expérience. Les sorties sur route se sont allongées, proportionnellement au plaisir que je croyais y puiser. C’était avant de découvrir la course de trail.

Avant, je courais parfois dans le bois tout près de chez moi, pour changer le mal de place, ou dans les larges pistes gravelées du mont Bellevue, pour ajouter du dénivelé. Le trail, le vrai, dans les sentiers de randonnée, me faisait un peu peur. Et si je me foulais une cheville? À quelques semaines d’un marathon, ce ne serait pas trop champion…

J’ai finalement fait quelques sorties dans le parc national du Mont-Orford l’été dernier. Ce fut… le coup de foudre. Littéralement. Au point où mes sorties sur route sont maintenant plus ternes, à moins de pouvoir faire un détour par quelques trails ou pistes en forêt au passage. Trop de béton, pas assez de végétation…

 

Maintenant, pour me motiver, je me dis que mes sorties sur route me servent à maintenir la forme qui me permettra de me donner à fond dans les sentiers.

Courir sur la route, c’est sécuritaire. Tu regardes ta montre pour garder le rythme, l’augmenter ou le réduire. Tu écoutes de la musique pour te changer les idées, ces idées qui vagabondent à gauche et à droite, et qui bifurquent à nouveau à gauche. Tu as le temps de penser. Tu as le temps de penser que tu es en train de penser.

12122514_1525301381095066_8280682387321187273_nEn trail, c’est l’aventure à coup sûr. Comme quand j’étais ti-cul et que je passais mes journées dans le bois. Impossible de laisser mon esprit divaguer. Le focus est permanent. Je dois regarder où je mettrai le prochain pied. Éviter une racine cachée sous les feuilles. Contourner un trou de bouette. Monter des côtes qui n’en finissent plus, en marchant par moments. Descendre à pleine vitesse, en me disant advienne que pourra.

La nuit, aucun lampadaire ne veille sur moi. Sans avertissement, deux yeux me renvoient la lumière de ma frontale. Un chevreuil? Ça doit être un chevreuil. C’est sûrement un chevreuil. J’espère que c’est un chevreuil. C’est aussi ça, l’aventure!

En trail, impossible de regarder ma montre. Le rythme au kilomètre n’a plus d’importance. Quitter le sentier des yeux deux secondes et c’est la blessure quasi garantie.
Je veux m’arrêter pour profiter de la vue au sommet si chèrement méritée tout en prenant des photos? J’arrête, ce que je ne me permets jamais en course sur route. Et la nature se charge de la musique.

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Courir en trail, c’est m’obliger à vivre le moment présent. C’est m’imposer un temps d’arrêt… en mouvement.

C’est aussi me forcer à délaisser le temps au kilomètre, les secondes de trop, les chronos. Pour un gars compétitif et orgueilleux, ça s’appelle travailler très fort sur soi.

Du marathon à…

Après avoir jeté un bref coup d’œil derrière moi, je regarde maintenant droit devant. Loin devant.

Seulement ceux qui prendront le risque d’aller trop loin découvriront jusqu’où on peut aller. – T.S. Elliot

La perspective de courir un deuxième marathon sur route ne m’enchante guère. Je sais que j’en suis capable. Mais je me connais. Ça voudrait dire vouloir battre à tout prix mon chrono précédent, sans nécessairement avoir autant de plaisir que j’en ai eu par le passé, parce que je connais maintenant mieux.

Comme marathonien, je veux encore tester la machine. Voir ce que j’ai vraiment dans le ventre. Je ne peux pas faire autrement.

Le choix de courir plus rapidement ma plus longue distance à vie est exclu, du moins pour l’instant. Reste à courir plus loin. Et j’ai nommé: un ultramarathon.

L’ultramarathon, c’est toute course qui dépasse 42,2 km. Ça se déroule souvent en forêt, parfois en montagne, ou sur des chemins de campagne. Les dénivelés sont la plupart du temps impressionnants et les distances le sont tout autant.

Ne jamais dire jamais

Des fous courent 160 km, voire 200 km d’une traite. Me rendrais-je là un jour? Qui sait?

Il y a une dizaine d’années, jamais je n’aurais cru pouvoir courir un marathon. Je fréquentais alors assidûment les sentiers avec mes grosses bottes de randonnée aux pieds. Je trouvais imprudents ceux qui me dépassaient en courant, chaussés de vulgaires espadrilles qui ne protègent pas assez les chevilles. Probablement que je les enviais inconsciemment aussi.

C’est maintenant moi qui passe peut-être pour un fou, sur ces mêmes sentiers, quand je double des randonneurs à toute allure… Donc, vais-je courir un jour 160 km, un mythique 100 milles? Il ne faut jamais dire jamais.

Mais chaque chose en son temps. Premier objectif: 50 km, pour m’acclimater à cette nouvelle discipline qui est beaucoup moins connue et « courue » (toudoum tish!) que les courses sur route.

Mes courses en 2016

Pour progresser intelligemment, lentement mais sûrement, j’ai plusieurs courses préparatoires inscrites à mon calendrier 2016:

  • 21 février: 21 km au Demi-marathon des glaces à l’Ange-Gardien (course hivernale sans pression)
  • 28 mai: 22 km au Xtrail de Sutton (première expérience de course organisée en trail)
  • 3 juillet: 21 km du Demi-marathon de Sherbrooke (parce que je ne peux pas faire autrement que de courir chez nous)
  • Et le 3 septembre, l’objectif de ma saison 2016: 50 km de la Chute du diable en Mauricie. Un parcours « single track » du début à la fin, avec trajet de deux heures en autobus pour se rendre à la ligne de départ située dans le fin fond des bois. Un tracé idéal pour un premier ultramarathon.

Et on « relaxe » pour la fin de la saison, en souhaitant ne pas être trop amoché…

  • 28 septembre: 21 km au Marathon de Montréal (la portion intéressante du parcours du marathon)
  • Et pour finir, le 15 octobre: 23 km au Xtrail à Orford, dans le sentier des Crêtes que je connais de mieux en mieux.

Ai-je besoin de préciser que j’ai hâte?

 

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