Courir demande parfois des sacrifices, des efforts. Comme l’effort de se lever bien avant le soleil, un dimanche matin. Le cadran qui sonne plus tôt qu’en pleine semaine. C’est tout de même paradoxal quand on y pense. Motivé? Je dirais plutôt passionné.

Regard à travers les stores. Il fait encore nuit noire. Il vente à boire debout, il pleut à écorner les bœufs. Un temps de c… Pas le genre de température où tu te dis « Wow, c’est clair que je ne peux pas faire autrement que d’aller courir. » Me recoucher? J’y ai pensé une fraction de seconde. Mais je me connais, de plus en plus: ça voudrait dire le regretter pour le reste de la journée, bougonner. Alors debout!

Trente minutes plus tard, le mont Bellevue est en vue. Frontale au front, je m’élance à travers la nuit qui s’éternise. Et j’oublie tout. L’effort de me lever trois heures avant le reste de la maisonnée? Oublié. Ce temps m’appartient. Cadeau à moi de moi.

J’enfile les montées, les descentes, tantôt sur un tapis de feuilles mortes noyées, tantôt sur un plancher d’aiguilles de pin trempées.

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La croix du mont Bellevue est encore allumée. Sentiment bizarre de profiter de la journée avant tout le monde. Tout d’un coup, clic! Le jour se lève d’une traite, comme si quelqu’un avait allumé la lumière. Je ferme la mienne. Et je réalise qu’il pleut encore. Ça aussi, je l’avais oublié, trop occupé à profiter du moment présent, à déguster chaque foulée.

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À cette heure, il n’y a pas un chat dans les sentiers. Je croise plutôt un chevreuil. Il est aussi surpris que moi. Je m’arrête. L’observe une bonne minute. Il fait pareil. Puis je poursuis mon chemin, pour finalement le recroiser une heure plus tard, exactement au même endroit.

Il est passé 8 h. Mes jambes pourraient bouffer deux fois plus de kilomètres, mais il est temps de retourner à la maison. Je suis trempé, et la pluie a complètement cessé.

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